Allier, Vienne, Cantal, Charente… De nombreux maires appuyés par les présidents d’associations départementales de maires font part des décisions brutales prises depuis quelques semaines par les directions académiques de fermetures de classes et d’écoles, sans aucune concertation préalable. Des actions locales se multiplient et rassemblent parfois tous les acteurs de la communauté éducative.
Bien que le renoncement à la suppression de près de 4 000 postes d’enseignants pouvait laisser espérer des conditions plus propices pour la rentrée prochaine, le nombre de fermetures de classes ou d’écoles s’avère sur le terrain plus élevé qu’attendu et confirme les craintes des maires d’une fragilisation de l’école publique notamment dans la ruralité.
Au-delà des chiffres, les maires déplorent l’absence de concertation préalable et, à cet égard, les observatoires des dynamiques rurales mis en place dans les départements représentent davantage un alibi qu’un réel outil de concertation.
L’AMF réitère à la ministre de l’Education nationale sa proposition d’un accord-cadre national, décliné à l‘échelle départementale et locale, visant à poser une méthode de collaboration constructive avec les maires et permettant de sortir d’une logique de carte scolaire déconnectée des réalités du terrain et basée uniquement sur des ratios.
Il est indispensable que les services académiques partagent leurs données prospectives en matière d’évolution des effectifs scolaires avec les maires et de consolider une visibilité à trois ans sur le devenir de l’école.
Les investissements déployés par le bloc communal, l’attractivité et les perspectives de développement des communes se trouvent fragilisés par des décisions prises en déconnexion avec les besoins identifiés localement. Toute décision de fermeture a un impact sur le maillage scolaire, le temps de transport des enfants et la vitalité de la ruralité.
Il est temps que l’Education nationale travaille avec les maires, animés par une ambition de réussite et du bien-être de l’ensemble des enfants, pour imaginer l’école de demain, malgré la baisse démographique.